Je prends un temps de recul  pour vous expliquer comment nous cheminons, comment nous laissons la vie nous surprendre aussi. Et comment je crée un gite, des visites du domaine et j’ose une collecte participative.

A la vigne comme dans nos vies, avec l’hiver, on éteint progressivement la lumière pour ensuite doucement revenir à un jour nouveau, passer doucement à une énergie nouvelle. Les travaux des bâtiments continuent quand même !

Et mon cerveau, mes envies fonctionnement en arborescence, heureusement qu’il y a les chansons populaires pour me mettre  en pause . « J’ai demandé à la Lune et le soleil ne le sait pas … elle m’a dit j’ai pas l’habitude de m’occuper de cas comme ça ! » Et Pourtant « Retiens la dive pour nous 2 jusqu’à la fin du monde » …

Je développe mon projet dans le projet, on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Donc c’est déjà tout un nouveau programme que d’affirmer « je suis vigneronne ». C’est écouter et apprendre chaque jour le vin et honorer les sensations qu’il procure, le partager ! Ou alors c’est avoir le choix entre un sécateur et une table de tri en cadeau de Noel  !!! Bref revenons à Partager, c’est d’abord mouliner des tas de papiers pour l’admin du domaine, imaginer un site, décliner notre gamme en étiquette…

Et quand je vous dis que je trébuche et vagabonde en arborescence, voyez où mes pas de côtés m’emmènent au hasard de ce thème-là. Je réfléchis donc sur l’image, le logo, la couleur et je « pantone » de l’année : ultra-violet ! Il parait que cette teinte célèbre les vertus de l’esprit (du vin ?) et de la créativité. Bon je me dis cette couleur est pour nous… et puis j’avance sur le chemin glissant de « des gouts et des couleurs » tout est relatif. Déjà dans violet il y a plein d’ultra : mauve, pervenche, myrtille, aubergine. Quant à moi, aubergine j’adore mais Olivier ne cesse de me répéter aubergine, c’est noir ! Entre temps j’apprends que les abeilles voient les fleurs en ultraviolet et ça c’est dingue et surtout hors sujet, quoique la biodiversité pointe ses ailes. Ici je coince, comment vais-je partager la palette des paysages viticoles, des nuanciers des saisons ou des variations des vins, si on ne perçoit pas tous de la même manière ? De toute évidence, une balade multi sensorielle s’impose de La Luolle à la vigne, de la Vigne aux caves, de la biodiversité au patrimoine … Je tiens un fil directeur pour les visiteurs du domaine en bio et de son environnement ! Une manière de ralentir dans un coin de nature apprivoisée, de découvrir un métier et ses savoir-faire, de donner du sens au mot partage. Heureusement qu’à la fin on boit un coup (petits et grands d’ailleurs ; des jus ou des vins).Alors ultraviolet oblige, j’invente une proposition pour découvrir la Luolle et ses vins de manière décomplexée et ludique ! C’est foisonnant, tout m’interpelle, les petits oiseaux et les chansons à boire, la terre et le ciel, les papilles et les pupilles, c’est dense et en tous sens.

A chacun son pas, à chacun sa cadence, j’essaie de rester en accord avec ce que je souhaite vivre sans m’éparpiller … de rendre lumineuse et accessible la danse du vin. Heureusement je m’assieds devant Jacques Gamblin qui nous offre «  Je parle à un homme qui ne tient pas en place ». Je hume, je vibre, je pleure, je ris et je revois la mer (il évoque son dialogue avec Thomas Coville lors de la tentative de battre le record du tour du monde à la voile en 2014). Il distille une énergie qui claque comme le vent sur l’océan et ses 50 nuances de bleu. Ça me parle d’amitié, d’échec, de vanité, de défi, de courage, de doute, de passion. Le spectacle, le vin, les liens c’est utile et futile à la fois. C’est tellement beau et vrai, fort ! Et ben voilà c’est ça ce que je veux faire avec le vin et les visites, du Jacques Gamblin. Je vous avais prévenu, je diverge pas mal … je reste captivée par l’idée de passer plus de temps vraiment ensemble et moins de temps en ligne, de ne pas remettre mon plaisir d’être Avec à plus tard, de croire en mon envie ! Au rythme de la vigne, depuis un an je rends ce projet mâture, je le peaufine et je butine toujours, il ressemble à un jeu de piste et des sens au domaine.

Tout ça pour ça, passer du pourquoi et de l’ébullition, au comment …Tout l’art de la taille est là aussi ! Depuis l’automne, vigne et terre sommeillent, la sève migre, les ceps sont au ralenti, c’est la dormance. A partir de janvier, la taille est la première pierre d’une longue série qui nous amènera à construire la future récolte.  La vigne est une liane forestière qui a tendance à s’allonger indéfiniment. Lianescence et arborescence font bon ménage ! Une vigne non taillée produit des raisins nombreux, mais petits et acides, donc inintéressants pour la production de nos vins de qualité. La taille conserve le potentiel qualitatif et assure la pérennité de la vigne. Donc avec la vigne, on choisit la baguette qui portera les fruits de l’année. Les autres bois seront laissés de côté : les sarments. Une similitude s’impose dans l’arborescence de nos projets, il faut déceler ceux qui s’épanouiront cette année. Ainsi pour moi, ce seront l’aménagement du gite et le développement d’une inspiration oenotouristique.

Je vais pouvoir déployer mes ailes à la Luolle … avec vous ! Eh oui pour être totalement ultra violette c’est-à-dire créative et tendance, je vais ouvrir très bientôt une collecte sur Miimosa, une plateforme de financement participatif. J’espère que vous serez tentés : être ambassadeur des visites du domaine de la Luolle, une démarche pas comme les autres, une aventure originale et audacieuse, destination Bourgogne ! Nous sommes aussi des êtres réceptifs, heureux dans la faculté de vous recevoir.

Voilà ce que j’ai demandé à la Lune, à la dive bouteille et … à vous aussi.