Avec le printemps, on a envie de sortir de notre relative léthargie, enfin du côté du blog … Nous n’avons pas hiberné mais depuis mi-février nous avons posé notre ancre en Bourgogne : quitter W-alter -tout propre, tout beau, tout capricieux- repartir de presque zéro sans oublier de passer au labo et  organiser notre installation au cœur des vignes accompagné par notre parrain vigneron !

Ce n’est qu’un début, « la vie (le vin) ne vaut d’être vécue sans amour ». Une expérience, sortir de sa zone de confort, prendre des risques, être plus «matures et découverte » … Je ne parle pas que de l’humain mais bien de nos vins, ces jolies bouteilles emplies d’une « soupe chimique vivante » comme le dit Matthieu Dubernet, le directeur du laboratoire œnologique qui nous a reçus pour l’analyse post voyage … Le fameux avant/après. On n’est pas que des cobayes mais tout comme pour notre équipage, nous trouvons super intéressant de savoir si les vins de nos Vents d’anges ont été plutôt bercés ou plutôt stressés ?

Plantons le décor : non loin de la superbe scène du théâtre d’Orange (magique), nous sommes accueillis dans un espace bien plus feutré, aseptisé, scientifique et pourtant très chaleureux, l’équipe est curieuse de porter son regard, son nez et sa bouche sur les échantillons de la boucle Atlantique … La terre et le vin sont en permanente création, re création …Nous dialoguons avec 4 œnologues et Bernard Duseigneur, un vigneron partenaire de Châteauneuf du Pape. Ca sulfite ? Les avis sont partagés, selon le laboratoire « généralement, l’ajout de souffre est un mal nécessaire pour la préservation d’un vin » et bien sûr on a dégusté des exceptions. C’est ça la science ou la vie : toujours un problème ou une exception à explorer.

Le panel des Vents d’anges a subi des tests sur plusieurs marqueurs (présence de soufre, acidité, concentration en gaz carbonique, couleur, alcool, sucre) … Autant vous dire qu’on gardait l’effet surprise : que ce soit avec des scientifiques, des amis, voire des amis scientifiques, déguster un vin et accepter le plaisir que cela procure reste l’objectif principal. Sinon le laboratoire accompagne les vignerons sur d’autres enjeux contemporains : les vins qui voyagent (comme quoi pas de Hasard et que des RDV !) plutôt en conteneurs autour du monde, l’évolution climatique, l’amélioration qualitative. Matthieu insiste sur le fait qu’il n’y a pas de vérité « de labo » toute faite, de standardisation mais bien une envie de trouver pour et dans chaque vin le bel équilibre dans l’invention de la nature qui croise la main de l’homme. Eh oui maintenant c’est vers cela qu’on se tourne : la rencontre de l’homme et de son terroir, un prolongement naturel de notre expédition … On boit les paroles de ceux et celles qui nous donnent un petit bout de leur expérience.

Et alors ce bilan ? Du mystère en bouteille oui mais pas de phénomène surnaturel ! Filons encore la métaphore avec nous-mêmes :

Pour une part de la cargaison, le voyage fait beaucoup de bien, des vins « plus ou moins vêtus » ont su garder possession de leur moyen       d’expression en toute circonstance, en développant évidemment leur caractère et élégance…

Ensuite, certains voyageurs sont plus usés, déstructurés, ils ont pris un « coup sur la tête » (pas facile d’être légèrement agités à température plus élevée) ou alors les caractères originels sont là mais il s’est produit une évolution prématurée, qui tire dans tous les sens, ceux en somme qui doivent se reposer du voyage.

Au contraire, il y a les vins certifiés TDM, ceux qui font saliver pour une deuxième boucle, ils exhibent le profil de beau voyageur un peu costaud et toujours frais, structuré et toujours plein du peps des fruits … Ils nous donnent une sacrée leçon de bio-chimie mais pas que, une belle leçon de vie : celle d’avoir tenu leur promesse et suivi notre sillage. (pour les détails, je les tiens à la dispo des vignerons).

Aujourd’hui « il est temps à nouveau de nous jeter à l’eau » et d’expérimenter toutes nos histoires d’amour : avec le vin, les gens, l’imagination, la curiosité, un océan d’incertitude. Nous mobilisons notre énergie à développer un domaine en côte Chalonnaise.

Et en guise de synthèse scientifique « La vie ce n’est pas les molécules, mais les liens qui existent entre elles. » Professeur Linus Pauling prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix … Alors pour garder le lien, nous vous invitons nombreux à Saint Vincent tournante de 2017, à Mercurey ! Qu’on se le dise : il est  plus facile d’être œnotouriste que marin au long cours. Merci à tous nos partenaires comme les Laboratoires Dubernet … Merci à nos lecteurs aussi !