… Comme toujours au fil de l’eau, du vin, des elles !

Pas de journée type car chaque jour on découvre un lieu ou une personne, on est surpris par une autre manière de faire ou voir. Les ordinateurs sont parfois éteints (faute de connexion), les portables en mode silencieux, les cartes bleues un peu moins sollicitées par la mode… Pourtant cela ne nous empêche pas de vous écrire de temps en temps et de vous lire !

On est précisément à St Martin, friendly island, nous y faisons une pause technique avant les BVI et Cuba … juste le temps de cette bafouille :

1 «  C’est la croisière s’amuse » Est ce qu’on s’ennuie ?

C’est différent, tonifiant, alternatif mais ce ne sont vraiment pas des vacances ! Notre nouveau mode de vie semble insaisissable … On avait prévu de s’ennuyer parfois, mais sincèrement on n’a pas encore beaucoup touché à la guitare, aux mandalas ou aux points de croix. On a plutôt un rythme actif aléatoirement réparti entre navigations, entretien de W-alter (plus c’est petit, plus il faut être ordonné !), à l’avitaillement varié (pas que des pâtes tout de même) et au rangement ingénieux sous les sièges et dans les coques ( parfois on peut jouer à la maraichère dans la coque Tribord, au pied de notre lit, carottes, tomates et aubergines pour de beaux rêves !), puis à la cuisine et à la boulangerie aussi, aux lessives, aux explorations des fonds marins et à la pêche (quand elle est autorisée)…

Reste que les cours des enfants (et pas seulement en œnologie !!) sont le seul incontournable quotidien, entre autonomie, bulletins et échanges multilingues ou presque  … comme dans chaque famille.

On réserve aussi de l’énergie à l’accomplissement de notre périple associatif des Vents d’Anges … classiquement les femmes sont mises en valeur par des parfums, des bijoux voire de la haute couture, tandis que nous les faisons briller grâce à nos précieux flacons. Les rencontres sont le fait d’heureux hasards, elles sont toujours un émerveillement après quelques savants préparatifs entre la cave de W-alter, le rafraichissement du vin et l’acheminement de notre équipe de reporters-dégustateurs chic et choc. Olivier peaufine les accords mets-vin (il joue avec « le nez du vin », les livres de Philippe Faure-Brac et la série de mangas « les gouttes de Dieu », les fiches de dégustation réalisée par les brillants étudiants du lycée d’Orchies) tandis que j’enrichis notre galerie de portraits.

http://www.ventsdanges.org/category/accords-mets-vin/

 

2 «  Si j’aurai su j’aurai pas venu » (La guerre des boutons) Est-ce qu’on s’étripe ?

On remarque que beaucoup de familles de capitaine vivent (et dorment) dans le rêve de ce dernier. L’expérience magique (oui mais pas toujours) est partagée par nombre de femmes en bateau, figures de proue essentielles à la réalisation d’un rêve de vie. La complémentarité des personnalités est intensifiée chez tous les couples, parfois ça chauffe aussi. On fait régulièrement des bilans ! On essaie de passer outre les «  vite, dépêche-toi » qui sont encore spontanés en manœuvre.

Les échanges entre nous tous et avec les bateaux copains ne sont donc pas « bateau » du tout : ivresse de livres, bonnes recettes de cambuse, recommandations d’escales et avec nos vents d’anges, exploration des curriculums vinae !

Quant aux enfants à bord, ils vivent des temps très enrichissants mais ce n’est certainement pas à nous qu’ils vont le confier… On garde en tête que ce n’est pas si facile d’être ado ici ou ailleurs, quelques plongeons et sorties shopping (croissance oblige) désamorcent les disputes (éventuelles). Les discussions en bandes de jeunes sont aussi une source de gaieté.

Ils luttent contre « les dents de la mer » : d’abord impressionnés par les Barracudas, ils s’attendent désormais à nager avec des requins !

Bref, en mer aussi, chaque humain reste un mystère, même nos intimes. Ça évite de s’ennuyer, ça peut mettre du vent dans nos voiles (ou quelques tempêtes) … Et quand ça sent le gaz à bord, c’est surtout le moment de trouver comment trouver du butane pour notre cuisinière !

3 «  Personne ne bouge, j’ai perdu ma cervelle » (Pirate des Caraïbes) est ce qu’on perd ses repères ?

Le grand défi est de se retrouver face à soi-même et aux éléments en espace limité …alors là oui toute vérité devient relative! En même temps, la terre devient notre jardin et la mer notre pistoche. Sur certains mouillages, on est seul au monde … avec un rapport renforcé à la nature, des monochromes hypnotiques de bleu (Antigua et Barbuda ont reçu à ce titre la palme d’or jusqu’ici), des vents et houles qui peuvent rendre « maboules ».On vit davantage avec la lumière du soleil et un peu de langueur quand il fait vraiment chaud. Les plages du nord ou de Bretagne qui ont fait nos apprentissages sont lointaines et supposées glaciales !

Alors oui on a changé de référentiel, moins d’info, moins d’intox, moins de bouchon, moins de convention et plus de moments essentiels ou de petites galères.

Tout l’équipage apprécie beaucoup la lecture : roman, BD, philo et même des manuels «  pour les nuls » !

 

4 «  Sur un malentendu, ça peut toujours marcher » (les Bronzés) est ce qu’on abuse ?

Aux escales, on n’hésite pas à aller vers les autres voiliers, une complicité s’établit vite. Le rythme alternatif est déconcertant, étonnant. La fête et le jeu (prime à Chabada et Dixit) font partie du voyage et l’apéro est une institution, les rhumeries le patrimoine des îles antillaises. Les anniv du capitaine et des mousses ont été de grands moments avec pour le premier de la langouste et pour les seconds l’incontournable gâteau au chocolat … On fait aussi des pauses, des bains, des plongeons, des pompes pour gonfler le paddle ou le canoé et des randos.

Le désalinisateur est encore un allié précieux qui nous fournit l’eau en général et l’eau potable tout court !

De plus nos rencontres Vents d’anges sont évidemment festives mais surtout interculturelles et surprenantes, des moments de dégustation. On en a organisé une quinzaine déjà ;

http://www.ventsdanges.org/category/au-fil-des-elles/

On attend aussi les fêtes à venir : se cacher des cyclones, croiser une baleine (montre-toi !!!), découvrir Cuba par la mer, faire d’autres rencontres, chanter et danser à bord …

«  C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases » (Les Tontons flingueurs) !

Mais on peut synthétiser : Est-ce qu’on s’ennuie, est ce qu’on s’étripe, est ce qu’on perd ses repères, est ce qu’on abuse ? Parfois … et vous ?

Tous vos messages nous font toujours du bien , merci …